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Traditions d’hiver en Ardenne

21
déc
2016

Par 21 décembre 2016 Catégories Boire et manger, Découvrir et visiter, Mon Ardenne 1 commentaire

Pour le plaisir…d’hiver, parcourons rapidement quelques coutumes de l’Ardenne d’hier à aujourd’hui. Retour aux origines de nos fêtes de fin d’année : St Eloi, Ste Barbe, St Nicolas, foires aux amoureux et marchés de Noël,  crèche et messe de minuit, et puis desserts exceptionnels…le mois de décembre réunit les hommes et adoucit les cœurs ! Pour chaque pays européen, les traditions diffèrent ou pas. Elles ont des origines historiques, religieuses ou mythologiques. Elles restent vivantes même si on a un peu oublié leur histoire. Et en voici quelques bribes.

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Paix et partage

Les délicieux mots de trêve et de solidarité vont bien à la période hivernale. Dès le moyen-âge, des gestes de partage sont la règle, la cuisinière avait soin d’en faire un peu plus à la Noël pour le premier pauvre qui passait : on l’appelait « la part à Dieu ». Aujourd’hui, l’ASBL les Samaritains en partenariat avec les Restos du Cœur relancent l’opération Shoe-Box : boîtes à cadeaux au profit des plus démunis. Vous pouvez les déposer dans leurs centres à Arlon, à Libramont, Marche ou Virton !
L’hiver qui débute au solstice le 21 décembre invite au repos et aux retrouvailles. C’est aussi la saison des « mouches d’Ardenne »  ainsi désignait-on les flocons de neige qui vont si bien à nos paysages forestiers.

Photo de neige comme mouche/Neige

Mouches d’Ardenne © FTLB/PW

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Gâteaux de Noël et doux présages

Pour nos anciens, le dessert était une exception, synonyme de gourmandise et composé d’ingrédients plus coûteux. Le repas de Noël rompt avec le jeûne des jours précédents (l’Avent). Il est signe de fête quand les bûches crépitaient dans la cheminée. Et notre gâteau de Noël par excellence, la bûche, rappelle une croyance d’alors.

La tradition de la bûche

On avait coutume lors de cette fin d’année, d’interroger l’avenir. Le soir de Noël, on jetait dans le feu, une belle grande bûche décorée. Elle devait illuminer la soirée et se consumer toute la nuit, sans s’éteindre,  pour éloigner les malheurs de l’année. Conserver ses cendres protégeait de la foudre et du feu. Le gâteau d’aujourd’hui matérialise le bois jeté dans l’âtre et il est le gage d’une bonne fortune.

 

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Des noix et des cougnous

Jeter des noix dans la cheminée à cette période permettait de prévoir des catastrophes. Les amoureux guettaient leur tenue dans le feu. Si leur éclatement était brutal, le mariage serait assurément malheureux.  A Bastogne, à la foire de décembre, les jeunes gens pauvres témoignaient de leur amour en offrant des noix à leur demoiselle de cœur.

Revenons à nos douceurs. Le « cougnou » est une spécialité de Noël en Ardenne, mais aussi dans d’autres régions du Nord de la France. Cette brioche de forme allongée et à deux têtes évoque un enfant emmailloté, probablement le petit Jésus. Autrefois, les enfants attendaient le gâteau que leur apportait Jésus la nuit de Noël. Les cougnous étaient décorés de diverses façons. A Marche par exemple, on y plaçait de gros morceaux de sucre.

Photo d'un cougnou

La tradition du sapin de Noël

Très présent dans nos maisons contemporaines, le sapin de Noël s’impose tardivement dans les chaumières d’Ardenne et d’Europe occidentale.

Photo d'Allemands devant sapin de Noël

Noël 14-18 © coll.privée L.Mignon

Il serait apparu au début du XVIe siècle en Alsace. Il évoquait la faute d’Adam et se paraît de pommes et d’hosties. Puis la coutume se développe dans les pays germaniques. Et notamment dans la bourgeoisie allemande. Les émigrés apportent cette tradition dans le monde anglo-saxon au XIXe siècle. Le sapin toujours vert symbolise la vie éternelle.

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En Belgique, c’est la guerre 14-18 et les soldats allemands qui popularisent cette coutume. Ils s’attachent à recréer dans le pays occupé, l’ambiance d’une veillée de Noël. Et la tradition de l’arbre de Noël se maintiendra car elle sera perçue comme une tradition des troupes alliées et non pas allemande dont on rejetait,  à la libération, tous les souvenirs.

Les troupes américaines en hiver 44 voudront aussi se remonter le moral en reconstituant, comme elles pouvaient avant l’affrontement, un décor, une table et un sapin de Noël. Typiques dans les pays germaniques durant l’Avent (de adventus : avènement du Messie) et très récents chez nous, les marchés de Noël offrent tout ce qu’il faut pour se préparer à la fête.

La Crèche de Noël

Des crèches sont aménagées (voir le parcours du village de Bure) dans les églises ou sur les places.  Elles évoquent la Nativité : c’est-à-dire la naissance de Jésus à Bethléem en Judée, au temps du roi Hérode le Grand (Nouveau Testament, St Luc). Le nouveau-né est installé dans une mangeoire que désigne le mot crèche. Le dépôt de l’enfant dans une auge est évoqué dans l’Ancien Testament (Hab.) et le Nouveau Testament (St Luc). Mais que sait-on encore de cette épisode de la vie du Christ ? Et quelle est l’origine de la tradition des crèches de Noël ?  

Photo d'une crèche à Bure

Parcours des crèches du village de Bure © Coll.O.Van Den Bergh

Le diacre Jacques Delcourt complète nos informations sur ce que les écritures renseignent encore.

La tradition des crèches de Noël

Joseph et Marie, ses parents, entourent l’enfant. Des bergers avaient été prévenus de sa naissance par un ange. Des mages, venus d’Orient, sans mention de leur nombre ou de leur nom viennent jusque Jérusalem pour saluer le futur roi des Juifs (St Matthieu).

La symbolique est forte : tous les hommes, du plus pauvre au plus riche, sont réunis autour de l’enfant. Quant à l’âne et le bœuf, des textes de l’Ancien Testament et des Apocryphes nous renseignent sur l’image qu’ils reflètent. Le bœuf est fidèle et pur alors que l’âne symbolise l’obstination et l’idolâtrie.

C’est St Françoise d’Assise à partir de 1223 qui est l’inventeur de la première crèche vivante qui anime pour la première fois, le Noël d’une petite ville italienne près de Rome. Mais c’est au 16e siècle que se développent les crèches avec statuettes comme nous les connaissons aujourd’hui.

En Ardenne, la sobriété est de mise. Contrairement aux santons de Provence ou aux théâtres napolitains ou russes. Les Ardennais ne manquaient jamais la messe de minuit puis se réunissaient pour déguster le boudin de Noël arrosé de vin ou de pécket ( Faites vos achats chez nos meilleurs producteurs).

 

Des légendes ardennaises

En symbiose avec la nature, nos anciens qui étaient agriculteurs pour la plupart, s’accordaient un peu de répit. Les journées sont plus courtes, et qui plus est à l’époque où la fée électricité n’existait pas. C’était un bon moment d’échanges au coin d’un feu, source de lumière et de chaleur. Durant les longues soirées sans télévision et sans internet, on se racontait des histoires, nos légendes d’Ardenne.

Les légendes ardennaises

Les animaux domestiques se mettent à parler durant la nuit de Noël. Mais gare à celui qui voudrait surprendre leur conversation. Un fermier intrépide et fort curieux se cacha dans l’étable cette nuit-là et apprit de la bouche d’une de ces bœufs qu’il serait mort le lendemain. Le fermier voulut le frapper avec sa hache mais une main invisible la retourna contre lui. Il fut atteint en plein front. Dans les traditions, le bœuf a le don de prédire l’avenir.

 

Lumières, feux de joie ou d’artifice

La lumière céleste est très peu présente à cette époque de l’année. Si les chrétiens du 4e siècle ont choisi la nuit la plus longue de l’année pour fêter la naissance du Christ, lumière dans la nuit selon leur foi, c’est pour marquer le moment à partir duquel les jours ne feront plus que croître. Le mot « Noël » vient du latin natalis dies qui veut dire « jour de naissance ».

Photo du marché de Noël de Marche 2016

Le marché de Noël 2016 à Marche-en-Famenne © N.Druez

Nombre de fêtes païennes ont précédé la fête chrétienne de Noël comme l’anniversaire du Soleil et de Mithra. Ce culte oriental s’implante dans nos régions au 2e siècle après J.-C., à la suite des campagnes de Pompée. Mithra, divinité alliée au soleil assure fertilité et prospérité aux hommes, à leurs cultures et à leurs élevages. Feuilles de gui ou pommes de pins sont autant de signes de fertilité et d’éternité.

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Fête à la lumière, dans les pays nordiques, la Ste Lucie (de Lux : lumière) se déroule le 13 décembre. Une procession d’enfants portant couronnes constituées de bougies et de branches d’airelles (symbole du renouveau) parcourt les cités. Toujours en décembre, la  Hanoukia chez les Juifs est aussi une fête de la lumière et le temps de la distribution de cadeaux.

Photo de Noël à Virton 2016

Lumières de Noël à Virton © E.Guillaume/MTGaume

Récent le père Noël

Autrefois dans les traditions ardennaises, le succès de Saint Nicolas était très important. La dévotion à ce saint évêque de Turquie, est très ancienne dans nos régions : depuis le 14e siècle. C’était le jour des enfants et des cadeaux. Son descendant le Père Noël a eu de la peine à s’imposer dans la population de la vieille Europe, comme le sapin. Son image nous vient d’Amérique : vieil homme ventripotent, habit rouge et blanc se déplaçant sur un traîneau tiré par huit rennes. En Espagne, ce sont les Rois mages qui apportent les cadeaux, le jour de l’ Épiphanie.

Photo de St Nicolas 2016 au Fourneau St-Michel

St Nicolas 2016 au Fourneau St Michel © V.Peuckert/FSMichel

Photo du Père Noël du marché de Virton 2016

Une cuisine de saison

L’Ardennais conformait son appétit aux nourritures saisonnières. Pour les fêtes, selon sa fortune, il ajoutait des mets plus gourmands aux choses plus simples. Il était d’usage, à Noël, de tuer un des porcs mis à l’engrais. Le boudin de Noël était partagé avec famille et amis. Quant à la dinde, elle nous vient aussi d’Amérique qui commémorait les premiers colons bien contents de les trouver là pour se nourrir.

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Bonnes fêtes de fin d’année à tous nos lecteurs du blog!

1 commentaire pour “Traditions d’hiver en Ardenne

mboussa Marie dit :

une très belle ville touristique

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