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Tabac de la Semois…qui es-tu exactement ?

3
Mar
2016

Par Rita Dupont et Jacques Cornerotte 3 mars 2016 Catégories Découvrir et visiter, Nature Pas de commentaires

Il a apporté la prospérité et une certaine renommée dans la vallée de la basse Semois. Les terres et le climat difficiles de toute la vallée convenaient parfaitement à une culture du tabac pourtant exigeante. Aujourd’hui, ils ne sont plus qu’une poignée d’irréductibles à célébrer encore l’herbe à Nicot. Avec un certain succès. Une plante, un plant de tabac, un plant de la Semois …qui es-tu exactement ?

76 Frahan, vue de Rochehaut 3

Une plante de la famille des solanacées

Le tabac appartient à la famille des Solanacées, à laquelle se rattachent aussi la tomate et la pomme de terre.

C’est une plante annuelle à grandes feuilles qui a besoin d’énormément d’eau et de chaleur pour atteindre sa maturité et 3 mètres de haut.

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La nicotine présente dans cette plante est produite par les racines et transportée dans les feuilles. Les feuilles de tabac peuvent être récoltées à différents stades de développement suivant un usage médicinal ou tout simplement pour fumer …

Une « vieille dame » très convoitée

Pleine de ressource, on lui découvre, au 16ème siècle, des vertus thérapeutiques, soignant tout d’abord les maladies de la peau jusqu’aux migraines.

S’en suit un véritable culte, le tabac devient alors la plante miracle pour tous les maux comme ceux du ventre, la constipation, les vertiges, la tuberculose, l’épilepsie et même la peste. Saviez-vous que les fumeurs étaient moins touchés par cette maladie ?

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Aujourd’hui, le tabac est encore utilisé dans les médecines populaires pour lutter contre les parasites et en homéopathie.

Comment devient-on un plant de la Semois ?

La plupart des variétés de tabac proviennent du continent américain; le nôtre est originaire du Kentucky. Par sa robustesse, il s’est bien adapté chez nous. En résumé, le tabac porte le nom de la région dans laquelle il pousse.

Pas toujours facile de subsister dans cette région de la vallée de la Semois

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L’An 1684, le 25 avril, épinglé à la porte de l’église de Sugny et certifié par le sergent de la haute justice, nous prenons connaissance d’un mandement fait à Bouillon, je cite :

 « De par Son Altesse Sérénissime Monseigneur le Duc de Bouillon. Son procureur et receveur général étant informé que quelques particuliers du village de Sugny se présumeroeint, par curiosité ou autrement, à faire culture ou planter du tabac, au lieu de semer du grain, au préjudice du droit de terrage dû aux seigneurs, à trouver à propos de défendre, comme par cette il défend à tous et un chacun dudit village, d’en planter ou cultiver sans une permission  expresse de Sadite Altesse Sérénissime, à peine d’en être châtiés par toute rigueur de justice, ordonnant que la présente soit publiée et affichée au lieu ordinaire » (recopié mot pour mot de l’extrait)

C’est quoi un plant ?

De petites graines noires, semées « al vol » sous serres, tout au début du printemps. On obtient de petits plants qui seront ensuite repiqués aux champs vers la mi-mai.  L’épanouissement du plant ne peut se faire que par l’écimage de sa fleur, mais faut-il encore la cicatriser avec une huile spéciale.

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l’atelier-musée du tabac de la Semois

3 mois plus tard environ, la récolte peut se faire. Les plans seront ensuite séchés dans une grange ouverte, juchés sur d’étranges rondins cloutés. Une méthode ancestrale toujours d’actualité : les plans sont placés feuille contre feuille, on répète ainsi l’opération pour obtenir une belle quantité de feuilles accolées les unes contre les autres, la dernière feuille servant à les rassembler afin de les suspendre et les sécher à notre rondin.

Le temps de séchage a son importance pour la conservation, mais attention le tabac vert n’est pas bon pour la santé puisqu’il conserve trop de nicotine.

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À lire : l’article complet sur le tabac de la Semois en cliquant sur le magazine

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